Introduction au dossier : Les périodiques, outils de recrutement, de formation, de mobilisation et… de divertissement ?!

Dès le début de l’imprimerie, la presse est utilisée par les mouvements sociaux comme moyen de promotion de leurs idées. Cependant, au contraire de la presse généraliste et de la presse féminine, peu d’études s’y sont intéressées . En effet, parmi ces titres, prennent place des publications destinées à des publics précis et dès lors […]

Le périodique : un outil d’éducation permanente. L’exemple du CARHOP

Qu’est-ce qu’un périodique ? De sa création à son utilisation.  Qu’il soit digital ou papier, qu’on le nomme journal, magazine, revue ou périodique, il est défini par le glossaire de l’association des professionnels de l’information et de la documentation (ADBS) comme une « Catégorie de publications en série, à auteurs multiples, dotée d’un titre unique, […]

La Ligue des femmes, Vie féminine, axelle, De la ligueuse chrétienne aux militantes féministes, Un siècle de femmes à la Une !

De La Ligue des femmes à axelle, en passant par Vie féminine, le mensuel accompagne l’histoire d’un mouvement féminin centenaire : les Ligues ouvrières féminines chrétiennes (LOFC), devenues Vie Féminine en 1969. Destiné au départ aux membres du Mouvement, le mensuel participe à la construction de ce dernier, à son évolution d’une identité chrétienne à une […]

De L’Équipe Populaire à Contrastes : Un trait d’union entre le mouvement et ses affiliés

En presque 80 ans d’existence, le mouvement « Équipes Populaires » (EP) a publié une pléthore de journaux et revues. Comme la plupart des publications associatives, celles-ci ne s’adressent pas prioritairement à des « lecteurs » ou des « abonnés », mais à des « affiliés » à un mouvement auquel ils sont généralement très attachés. Ils ont donc des attentes spécifiques et […]

Lire pour lier!

Depuis de nombreuses années, les mouvements sociaux se sont pleinement approprié les canaux d’information aux formats courts, directs, rythmés : Facebook, X (ex-Twitter), Snapchat… Pourtant, nombre d’entre eux n’ont jamais sacrifié leur mission d’éducation permanente sur l’autel de l’instantané. Numéro après numéro, ils continuent de publier des contenus plus fouillés, plus denses qui visent à informer, former, outiller et relier. C’est pourquoi revues et journaux ont toujours occupé une place essentielle dans leur travail d’approche critique des réalités sociales et d’émancipation.

S’appuyant à la fois sur les nombreuses ressources qu’il conserve dans ses riches collections et sur la longue tradition d’édition des organisations du Mouvement ouvrier chrétien, le CARHOP consacre ce numéro de Dynamiques à l’histoire et à l’usage des périodiques au sein de mouvements socioéducatifs. Parce que lire et lier relèvent de la même dynamique (construire du commun), plongez-vous dans les coulisses des journaux et revues qui sont autant de rendez-vous hebdomadaires, mensuels, semestriels… pour de nombreux militant.e.s en quête de comprendre et d’agir sur le monde dont ils sont partie prenante.

COVID-19 et confinement. Regard de l’histoire sur des mobilisations actuelles

François Welter (directeur du CARHOP)

Que pouvons-nous dire de l’impact de la crise sanitaire et sociale actuelle ? Depuis plusieurs mois, la société belge est touchée par une pandémie aux effets dévastateurs : sur la santé physique et mentale, sur les relations humaines, sur le travail et le sens de celui-ci. Le confinement, particulièrement, est vécu comme une expérience multiple, oscillant entre la création de nouvelles solidarités et l’isolement ; entre le maintien, voire le renforcement, d’un certain confort et le creusement des inégalités ; entre les introspections sur notre mode de vie et l’urgence sanitaire et sociale ; entre le maintien d’une activité économique et le chômage. Le confinement et la crise sanitaire mettent en exergue des situations préexistantes et engendrent de multiples disparités dans les vécus.

Une fois n’est pas coutume, les historien.ne.s du CARHOP s’appuient sur l’expérience collective du confinement, qu’ils ont également vécue à leur niveau, pour construire, sans contributeur.trice extérieur.e, un 12e numéro autour de la crise sanitaire et sociale de la Covid-19. Dès avril, la nécessité de récolter et conserver la mémoire du confinement s’impose : interpeller des acteurs et actrices du secteur associatif et des organisations syndicales à propos de leurs réalités de terrain et des stratégies de résistance devient, dans la foulée, une évidence. Cette démarche collective, d’équipe, amorce de nouvelles prospections de traces et recherches de compréhension de ce qui se joue actuellement. C’est donc un numéro en prise avec des faits, des émotions, des jugements très actuels qui se déploie au fil de la lecture de ses articles. À cet égard, il constitue une série de photographies d’expériences et de stratégies de lutte sur lesquelles les historien.ne.s tentent d’ébaucher une première analyse.

Directement, ou en filigrane, ce 12e numéro interroge les atouts et les limites de l’analyse historique de faits si contemporains. La démarche empirique a au moins le mérite de mettre au cœur du travail des historien.ne.s les témoignages des acteurs et actrices de terrain, avec leurs souffrances, leurs inquiétudes, leurs questionnements, leurs actions. Elle montre aussi qu’une approche nuancée des phénomènes en cours requiert de croiser les approches, postulant ainsi que, si l’histoire seule n’est pas suffisante pour construire des clés de compréhension, elle est tout aussi légitime que la sociologie, la psychologie, les sciences politiques et d’autres sciences humaines, pour déployer un « Voir » et un « Juger ».

Les initiatives d’éducation ouvrière au 19e siècle : de la démarche intellectuelle à la formation militante

Populaire ? Vous avez dit Université Populaire ?
Depuis quelques années, des universités populaires fleurissent en Wallonie et à Bruxelles. Souvent soutenues par les autorités publiques, elles sont une réponse concrète aux politiques promues par l’Union européenne de la nécessité de formation tout au long de la vie. L’idée est cependant loin d’être neuve : le mouvement ouvrier, depuis sa création au 19e siècle, porte le combat en faveur de la démocratie culturelle (notamment en réclamant l’instruction obligatoire) au même titre que l’obtention de droits politiques, économiques et sociaux. C’est une des raisons de son investissement dans ce courant d’éducation populaire alliant souvent des solidarités interclasses.

L’université populaire plonge ainsi ses racines dans l’histoire sociale. Prenant des formes multiples, les universités populaires naissantes poursuivent alors les mêmes objectifs d’émancipation et d’accès à la citoyenneté pour le monde ouvrier. Chaque pilier, qu’il soit socialiste, démocrate-chrétien ou libéral, développe ainsi ses propres initiatives avec plus ou moins de succès et de manière plus ou moins durable.

Aujourd’hui, les universités populaires, qui ont connu de nombreuses mutations par rapport à leurs objectifs initiaux, soutiennent une démarche de formation continue dans l’esprit de construction d’un savoir réflexif.

Ce numéro de Dynamiques consacré aux initiatives d’éducation ouvrière lancées au 19e siècle et au début du 20e siècle, propose de renouer le fil de l’histoire entre les expériences pionnières et les projets contemporains. À travers l’étude de quelques exemples, nous invitons le lecteur à découvrir la philosophie qui les sous-tend à une époque où pour de nombreux individus « il est impossible de comprendre qu’une université puisse être populaire. (…) Ces deux mots jurent de se trouver juxtaposés. Cette opinion provient de ce que les universités sont ordinairement des instituts d’études supérieures, accessibles aux seuls jeunes gens ayant subi une longue préparation dans des établissements d’enseignement primaire et moyen. On ne conçoit pas qu’il puisse y avoir une université pour le peuple.»[1] Outil de transmission des savoirs ou levier d’émancipation, les universités populaires ont ainsi contribué à écrire une page de l’histoire de l’éducation des adultes et à s’inscrire dans le combat pour l’accessibilité de l’enseignement pour tous.

[1] MARINUS, A., Les Universités Populaires, Bruxelles, 1909.

Quand le mouvement socialiste développe des outils de formation : l’exemple de « L’Églantine »

Universel travail des cerveaux et des mains,Fais jaillir de la mort la vie et la jeunesse ;Fais-nous un généreux printemps plein de promesse,Pour nous et nos frères humains  Maurice Bouchor![1] Le mouvement ouvrier socialiste, comme l’ensemble des mouvements sociaux, publie et diffuse, depuis le milieu du 19e siècle, quantité de petites brochures thématiques qui forment au […]