L’ÉCONOMIE SOCIALE, une définition

Cet article cherche à présenter la notion « économie sociale », en relation avec quelques voisines, en particulier « non-marchand » et à donner un aperçu des tensions qui traversent le domaine. L’approche est principalement sociologique, en ceci qu’on définit un champ et qu’on le présente comme « champ de tensions ». Le champ de […]

L’Économie populaire de Ciney (EPC), une coopérative chrétienne au cœur de l’action sociale dans le diocèse de Namur

Au 19e siècle, l’industrialisation engendre de profondes mutations économiques et sociales. Attirée par l’espoir d’une vie meilleure, une partie de la population rurale rejoint les manufactures, la plupart concentrées dans le Hainaut, la région liégeoise ou Gand. La classe ouvrière, qui ne cesse de croître, est confrontée à des conditions d’existence difficiles. Son régime de […]

Médor, une coopérative à haute(s) valeur(s) ajoutée(s)

Le champ de l’économie sociale est vaste et touche autant de domaines que l’agriculture biologique, le commerce équitable, la formation et l’insertion professionnelle, la finance éthique, le recyclage, la production d’énergies renouvelables, … Ces initiatives peuvent prendre différentes formes : ASBL ,  coopératives à finalité sociale,  fondations ou encore mutuelles. Cet article se centre sur l’exploration d’une […]

L’économie sociale, de l’Économie populaire de Ciney à Médor

L’économie capitaliste nous montre tous les jours à quel point elle peut se montrer fragile et violente. Au nom de motivations financières, de logiques d’enrichissements, d’accaparement, elle fait basculer l’idée d’une économie au service des individus vers une exploitation du plus grand nombre pour quelques privilégié.e.s. En d’autres termes, l’individu comme simple outil d’un modèle économique, dont seule une minorité en tire une richesse et du bien-être. Face à ce mouvement de fond, l’économie sociale – sociale et solidaire diront certain.e.s – apparait comme une alternative qui replace l’humain au centre de l’économie. Elle est polymorphe et se décline donc dans divers secteurs d’activité ; elle est aussi un puissant levier de transformation sociale, suffisant en tout cas pour que les pouvoirs publics la considèrent et la soutiennent. Ce nouveau de Dynamiques vous propose de vous plonger dans quelques considérations théoriques, mais tellement ancrées dans le terrain, et historiques sur les formes et les champs de transformation de l’économie sociale.

Bonne lecture !

Le travail social face aux mutations sociales, politiques et économiques

Christine Machiels, (directrice du CARHOP)

« Pourquoi le travail social ? » titrait la revue Esprit en 1972. Le sens du travail social, fondement même d’une profession, n’a cessé d’être questionné depuis quatre décennies. Les contextes sont différents, les intensités de la remise en cause sont variables. Mais aujourd’hui encore, la radicalité de l’interrogation de 1972 n’a pas perdu de sa pertinence. Ainsi, lorsqu’il s’agit de commenter l’actualité de la réforme de la loi sur le secret professionnel (2017), Marc Chambeau, formateur à l’Institut Cardijn et membre du Comité de vigilance en travail social (CVTS), écrit-il : « Cette orientation donnée au travail social par des politiques de plus en plus déconnectées des réalités vécues par les gens et certainement par ceux qui rencontrent au quotidien les difficultés liées à la précarité et à la pauvreté, c’est la fin du travail social »[1].

L’évolution du questionnement sur le sens du travail social, explorée dans le numéro précédent de la revue Dynamiques, est étroitement connectée à l’évolution des formes de l’État social durant ces quatre dernières décennies. Comment les mutations sociales, politiques et économiques qui marquent notre société moderne ont-elles contribué à modifier la conception du travail social ? Comment les professionnels ont-ils pu réagir à l’égard de ces mutations ? Le travail social est-il un lieu « d’accomodement progressif à la gouvernementalité néo-libérale »[2] ? Ou un espace de résistance pour corriger les inégalités provoquées par celle-ci ? Que signifie « résister », hier et aujourd’hui ? Ces interrogations sont au cœur de ce nouveau numéro de Dynamiques.

L’intuition de repositionner les problématiques contemporaines du travail social dans une perspective historique ne nous invite-t-elle pas à finalement conclure que celui-ci trouve son sens dans une recherche incessante de compréhension du système politique, économique et social, dans lequel évolue une profession, dont on interroge les fondements[3] ? Le travail social s’inscrit dans un contexte précis. Ce dernier n’est pas le fruit du hasard mais le produit d’une histoire, trop peu connue aujourd’hui. La bienfaisance, la philanthropie, l’aide ou l’intervention sociale, suivant le vocabulaire usité à chaque époque, sont révélatrices des lignes de force qui sous-tendent les différents modèles de société. Et si maîtriser les enjeux de l’action sociale, d’hier à aujourd’hui, commençait par une analyse de la question sociale à travers le temps, comme un indicateur de la manière dont chaque société traite ses « exclus » ? Historiens du social et travailleurs sociaux, n’est-ce pas là une réflexion collective à mener comme une forme de « résistance », dans l’espoir de repousser, une fois encore, la « fin du travail social » ?

Notes
[1] Chambeau M., « Le secret professionnel, un outil pour soutenir les enjeux fondamentaux du travail social », Travailler le social, décembre 2018, p. 2-3.
[2] Alix J.S., « Néo-libéralisme et action sociale : Disqualification de la résistance et recherche de l’assentiment des professionnels », Dynamiques. Histoire sociale en revue, n°8 : Le travail social face aux mutations sociales, politiques et économiques, décembre 2018 [En ligne] URL : http://www.carhop.be/revuescarhop/
[3] Cette réflexion est notamment inspirée de l’initiative conjointe du Relais social et du Centre public d’action sociale de Charleroi qui, pour mieux saisir les fondements du travail social, organisent des conférences dont l’objectif est « de questionner, avec l’éclairage d’intervenants pluridisciplinaires, les transformations à l’œuvre dans cet environnement, et d’en comprendre les enjeux ». Site WEB : https://travailsocialcharleroi.com/ (Page consultée le 20 décembre 2018).

Néo-libéralisme et action sociale : Disqualification de la résistance et recherche de l’assentiment des professionnels

L’action sociale en France connaît depuis les années 2000 des transformations majeures notamment par l’augmentation des réformes visant à renforcer le contrôle étatique sur le fonctionnement des établissements sociaux et médico-sociaux et les pratiques professionnelles, mais également dans ses modes de financement. Plus précisément, ces réformes s’inscrivent pêle-mêle dans quelques décrets et lois phares : la […]

Le milieu associatif bruxellois : un lieu d’émancipation pour les femmes issues de l’immigration maghrébine ? De l’intérêt et l’urgence de nouvelles recherches

Dans l’après Seconde Guerre mondiale, l’immigration vers les pays européens est encouragée par les pouvoirs en place tant au Maroc qu’en Turquie. Cette émigration résolvait à la fois des problèmes économiques et amenuisait les risques de débordements sociaux. Dans le cadre d’une conjoncture économique favorable, la Belgique entend se pourvoir en main-d’œuvre peu qualifiée en […]

Trajectoires et dynamiques migratoires des pionnières de l’immigration marocaine

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Au cœur du Gaffi. La mémoire d’un projet de société pour les femmes migrantes

Dans un contexte sociétal en pleine ébullition et où de nouvelles mouvances prennent leur essor comme le pacifisme, l’écologie, le féminisme, Vatican II ou Mai 68, nombreuses sont les associations inspirées par ces courants qui vont se développer au cours des années 1970. Elles sont à cette époque portées par l’engagement militant et bénévole de […]

Immigration et émancipation féminines : 50 ans de combats associatifs à Bruxelles

Où sont les femmes ? À la recherche de l’histoire des femmes migrantes

« Plus méconnue que le travailleur immigré marocain ou turc, était la femme venue le rejoindre ! » Afin de tenter d’apporter quelques éléments de réponse à cette lacune, le CARHOP consacre le n° 3 de la revue Dynamiques. Histoire sociale en revue à l’histoire très méconnue de la présence féminine dans les courants migratoires.

Parce que des associations de femmes se sont mobilisées pour venir en aide à ces nouvelles arrivantes ne connaissant pas la langue et restant souvent confinées dans la sphère privée, le CARHOP a choisi de traiter la question de la sauvegarde et de la conservation de cette mémoire par le prisme du monde associatif et en se concentrant plus particulièrement sur la situation bruxelloise. Chercheurs et chercheuses, acteurs et actrices de terrain invités dans ce numéro ont fait le point sur cette question et croisé expériences et expertises, afin d’alimenter la réflexion sur l’histoire des trajectoires de vie des femmes migrantes trop longtemps ignorée et négligée et sur le rôle du tissu associatif dans la mise en place de processus d’émancipation et d’empowerment. Mais pour connaître et faire connaître cette histoire, les associations actives sur le terrain doivent prendre conscience de l’importance de leurs archives afin de pérenniser et de transmettre la mémoire de l’action menée envers des publics connaissant aussi de nombreuses mutations. Au vu de l’actualité, le débat sur les migrations est devenu une priorité des enjeux politiques et nous comptons que ce dossier apportera des éléments de compréhension et d’interprétation.