PDF Évoquer l’histoire de l’Université des femmes constitue un exercice périlleux. Les archives restent à exploiter. Les souvenirs des fondatrices se colorent de leurs ressentis, différents et particuliers. Chaque anecdote, chaque récit constituent autant de fils à nouer, à tisser pour former un tableau à la manière féministe : apparemment sans ordre ni beaucoup de cohérence […]
Les universités ouvrières toujours populaires !
Après avoir présenté dans la précédente revue des expériences d’éducation populaire nées en Wallonie et à Bruxelles à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, Dynamiques consacre ce double numéro aux universités populaires mises en place durant la période des Trente Glorieuses. En effet, après la Seconde Guerre mondiale, les initiatives se sont poursuivies et multipliées afin de répondre aux demandes des couches multiples du tissu social (immigrés, précarisés, ouvriers…) et en développant des objectifs spécifiques. Consacrer un double numéro à cette problématique s’est avéré nécessaire d’un point de vue historique tant en raison de la diversité des publics concernés que de la multiplicité des questionnements, des sources et des méthodes. Le vaste chantier de recherches, ouvert par le CARHOP, sur l’histoire particulière des universités populaires inscrite dans l’histoire de la démocratie culturelle est encore loin d’être clos.
L’émergence de nouveaux mouvements sociaux apportant une réflexion critique sur l’éducation et la production des savoirs n’est certes pas étrangère au renouveau de ce courant, sans parler de l’impact de Mai 68 (dont le 50e anniversaire s’apprête à être célébré) qui revendique une « université autrement », démocratique et ouverte aux classes populaires, ouvrières et paysannes.
Outil de formation continue et d’émancipation, l’université populaire contemporaine veut aussi amener ses participants à un engagement citoyen et une action militante. On ne compte plus aujourd’hui le nombre d’institutions se revendiquant du label « populaire » qui retrouve ses lettres de noblesse. Loin d’avoir dressé un inventaire complet de toutes les initiatives, Dynamiques vous invite à découvrir quelques-uns de ces projets nés dans des contextes socio-économico-politiques particuliers et ayant pour objectif d’« ouvrir un espace démocratique autour de réflexions sur les enjeux de notre société, tout en voulant redynamiser l’idée que l’avenir est ouvert par l’émancipation et la transformation sociale »[1].
Notes
[1] http://uccn30.blogspot.fr/ cité dans Richez J.-C., Les universités populaires en France. Un état des lieux à la lumière de trois expériences européennes : Allemagne, Italie et Suède, INJEP Notes & rapports/Rapport d’étude, 2018/1, p. 52 http://www.injep.fr/sites/default/files/documents/rapport-2018-01-univpop.pdf
Dans l’après Seconde Guerre mondiale, l’immigration vers les pays européens est encouragée par les pouvoirs en place tant au Maroc qu’en Turquie. Cette émigration résolvait à la fois des problèmes économiques et amenuisait les risques de débordements sociaux. Dans le cadre d’une conjoncture économique favorable, la Belgique entend se pourvoir en main-d’œuvre peu qualifiée en […]
Ayant consacré son mémoire aux « Pionnières de l’immigration marocaine dans la commune de Molenbeek-Saint-Jean : parcours de femmes entre 1964 et 1974 », Hajar Oulad Ben Taib nous présente les résultats de sa recherche qui confirment combien l’histoire des femmes immigrées fait office de parent pauvre. Pour réaliser ce travail, l’historienne a donc fait appel à la […]
Dans un contexte sociétal en pleine ébullition et où de nouvelles mouvances prennent leur essor comme le pacifisme, l’écologie, le féminisme, Vatican II ou Mai 68, nombreuses sont les associations inspirées par ces courants qui vont se développer au cours des années 1970. Elles sont à cette époque portées par l’engagement militant et bénévole de […]
Où sont les femmes ? À la recherche de l’histoire des femmes migrantes
« Plus méconnue que le travailleur immigré marocain ou turc, était la femme venue le rejoindre ! » Afin de tenter d’apporter quelques éléments de réponse à cette lacune, le CARHOP consacre le n° 3 de la revue Dynamiques. Histoire sociale en revue à l’histoire très méconnue de la présence féminine dans les courants migratoires.
Parce que des associations de femmes se sont mobilisées pour venir en aide à ces nouvelles arrivantes ne connaissant pas la langue et restant souvent confinées dans la sphère privée, le CARHOP a choisi de traiter la question de la sauvegarde et de la conservation de cette mémoire par le prisme du monde associatif et en se concentrant plus particulièrement sur la situation bruxelloise. Chercheurs et chercheuses, acteurs et actrices de terrain invités dans ce numéro ont fait le point sur cette question et croisé expériences et expertises, afin d’alimenter la réflexion sur l’histoire des trajectoires de vie des femmes migrantes trop longtemps ignorée et négligée et sur le rôle du tissu associatif dans la mise en place de processus d’émancipation et d’empowerment. Mais pour connaître et faire connaître cette histoire, les associations actives sur le terrain doivent prendre conscience de l’importance de leurs archives afin de pérenniser et de transmettre la mémoire de l’action menée envers des publics connaissant aussi de nombreuses mutations. Au vu de l’actualité, le débat sur les migrations est devenu une priorité des enjeux politiques et nous comptons que ce dossier apportera des éléments de compréhension et d’interprétation.
Être une travailleuse enceinte : le parcours d’une combattante
Après avoir traité dans le n° 0 de la revue Dynamiques. Histoire sociale en revue la question de l’inégalité salariale à travers le combat emblématique des travailleuses de la FN, le Carhop poursuit ce chantier dédicacé à l’histoire des femmes en consacrant ce n° 1 à une problématique marquée également par des discriminations.
« Félicitations. Vous attendez un heureux événement ». Combien de guides législatifs sur la maternité au travail n’introduisent-ils pas ainsi une question qui n’est pourtant pas neuve puisqu’elle s’est posée avec acuité dès le 19e siècle mais qui n’en est pas pour autant définitivement réglée de nos jours et qui continue à soulever régulièrement des débats passionnés. Il s’agit de la compatibilité entre vie domestique et familiale (et vise à travers elle la fonction sociale de la maternité) et vie professionnelle, deux activités que la majorité des femmes sont tenues d’exercer. Face aux débats contemporains et dans une perspective socio-historique, le Carhop a choisi de traiter cette problématique en invitant des collaborateurs et des collaboratrices à croiser les regards sur cette problématique dont le traitement a fortement évolué depuis deux siècles mais où les tensions entre la volonté réelle de protéger les travailleuses enceintes et la mise en place de mesures discriminatoires pouvant mener à l’exclusion du monde du travail sont toujours présentes.
Travail et maternité font-ils bon ménage ? Au cours de l’histoire, pouvoirs publics, scientifiques, Église, presse, moralistes… se sont montrés souvent assez unanimes pour dénoncer la situation des femmes au travail et inciter ces dernières à retrouver rapidement la sphère familiale et privée afin de se consacrer à ce qui a été considéré comme leur première […]
La durée du congé de maternité (actuellement fixée à 16 semaines en France) est régulièrement débattue. Cet article analyse la genèse et le cheminement de l’idée de la protection de la maternité dans les hémicycles. Quelles en sont les grandes étapes depuis la fin du 19e siècle ? De quelle façon s’est opéré le passage de […]